
CONAKRY-La récente tragédie de Manéah, où un glissement de terrain a coûté la vie à plusieurs personnes, a bouleversé la nation guinéenne. Pour comprendre les causes de ce drame et les mesures à prendre pour l’avenir, Africaguinee.com a interrogé Joseph Siba DOPAVOGUI, Directeur National de la Géologie. Cet expert livre son analyse sur les causes, les signes précurseurs, et les solutions pour prévenir de telles catastrophes.
AFRICAGUINEE.COM: Le glissement de terrain survenu à Manéah a endeuillé plusieurs familles. En tant que spécialiste, quelles pourraient en être les causes de ce drame ?
JOSEPH SIBA DOPAVOGUI : Je commencerai tout d’abord par présenter mes condoléances les plus attristées aux familles endeuillées. Pour revenir à votre question, il faut dire que certains phénomènes naturels comme les glissements de terrain sont connus comme tels. Ils résultent souvent qu’il y a des zones où les formations de surface non consolidées sont très étanches, ce ne sont pas des roches dures. C’est le cas de Manéah.
Quand vous regardez, c’est la chaîne de montagne du Kakoulima qui est normalement constituée de roches magmatiques dures en profondeur, mais la surface n’est pas constituée de roches dures. C’est surtout de la latérite. En dessous de la latérite, vous avez de l’argile. Donc, quand ces zones sont perturbées, dérangées, il y a de l’infiltration de l’eau. Et l’argile, quand elle est imbibée d’eau, notamment sur une pente, le glissement est inévitable.
Du point de vue géologique, on pourrait l’expliquer de cette façon.
Mais il faut aussi dire qu’en plus de ces causes naturelles, il y a également l’impact de l’activité humaine, c’est-à-dire des travaux qui peuvent avoir lieu, comme les constructions qui viennent perturber ces zones, en les rendant instables. Je pense que la cause est combinée. Il faut vraiment des études appropriées pour pouvoir situer le poids, par exemple, de chaque cause.
Mais ce qui est évident, il y a effectivement des travaux humains qui sont venus perturber le calme de la nature en construisant dans ces lieux, d’une part. D’autre part, il y a certainement de gros travaux qui sont en vue. Il faut voir le lien entre la position des talus et l’emplacement de ces infrastructures pour pouvoir être plus spécifiques sur les causes de l’accident.
Avant qu’un tel drame ne se produise, n’existe-t-il pas souvent des signes précurseurs sur le terrain ? Comment peut-on les détecter ?
Les signes précurseurs, généralement, pour un glissement de terrain, vous avez carrément le niveau d’altération de la couche en surface, les fissures, les fractures qui laissent des portes ouvertes pour l’infiltration d’eau, par exemple. Et si vous avez des cavités dans des endroits qui peuvent provoquer des affaissements, il faut être vraiment vigilant et spécialiste pour détecter ces signes, malheureusement. Mais avec la grande pluviométrie qu’on a eue, peut-être qu’il y a des infiltrations autour de ces zones déjà instables, avec les fondations des bâtiments et autres, ce qui a facilité le déplacement de grandes masses de terre sous l’effet combiné du poids et de la pente.
Un éboulement de ce genre est-il évitable dans un pays ou une zone à risques ?
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