
Conakry, 23 juillet 2025
Chers compatriotes,
Chères Sœurs de Guinée,
Femmes debout et fières,
Il est des moments dans la vie d’une nation où le silence devient renoncement, et où l’indifférence devient complicité. Aujourd’hui, je ne m’exprime pas uniquement en tant que commis de l’État. Je parle en tant que fille de cette nation, femme, épouse, mère, et héritière d’une longue tradition de femmes courageuses, de mères invisibles, de combattantes oubliées et d’héroïnes silencieuses. Des femmes qui ont maintenu ce pays debout, souvent dans l’ombre, sans attendre ni reconnaissance ni rétribution.
Je prends la parole au nom de toutes celles qui, trop longtemps, ont été exclues des espaces de décision. Des décisions engageant leur destin, sans qu’elles n’aient voix au chapitre. Trop souvent, des hommes ont décidé à la place des femmes. Trop souvent, ils ont parlé en notre nom. Trop souvent, ils ont agi pour nous, sans nous.
Mais cette époque touche à sa fin.
Dans quelques semaines, le 21 septembre 2025, un nouveau chapitre de notre histoire pourrait s’ouvrir. Ce jour-là, la Guinée sera à un tournant décisif. Un tournant que nous, femmes, devons prendre avec lucidité, courage et responsabilité.
Car nous représentons la majorité dans ce pays ( selon les dernières statistiques du RAVEC, les femmes représentent 51,8% de l’électorat). Et lorsque la majorité se tait, elle abdique. Lorsque la majorité se lève, l’histoire bascule.
Ce référendum n’est pas seulement un rendez-vous constitutionnel. C’est un rendez-vous avec notre dignité. Un rendez-vous avec la reconnaissance de nos droits. Un rendez-vous avec une République plus juste, plus inclusive, plus représentative de toutes ses forces vives et les femmes en sont la colonne vertébrale.
La Guinée a une histoire façonnée par les luttes, les sacrifices et l’aspiration profonde à la justice et à la dignité. Faisons de ce moment celui de l’espoir retrouvé, de la voix des femmes pleinement affirmée, et de l’émergence d’un nouveau contrat social porté collectivement, pour une République réellement équitable, solidaire et audacieuse.
La nouvelle Constitution qui sera soumise au référendum du 21 septembre 2025 est bien plus qu’un texte juridique. Elle incarne un idéal de société fondé sur la justice sociale, la dignité humaine, et la participation effective de toutes les composantes de notre Nation. Elle consacre des avancées majeures en matière de droits humains, notamment pour les femmes, les enfants, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, et tous ceux qui, jusqu’ici, vivaient en marge de la décision publique.
Le texte garantit la dignité humaine, l’égalité entre tous les citoyens sans distinction d’origine, de genre ou de croyance, ainsi que l’interdiction absolue de toute forme de violence ou de traitement inhumain (articles 6 à 9). Il consacre également le droit de chaque personne à une vie digne, à la liberté, à la sécurité, à l’éducation, notamment à la scolarisation dès l’âge de 5 ans et au maintien des enfants à l’école jusqu’à 17 ans, à la santé, à un environnement sain, au logement, au travail et à la participation à la vie publique (articles 21 à 30).
Mais l’une des avancées les plus marquantes de ce projet réside dans la promotion de la parité. Pour la première fois, notre loi fondamentale consacre un quota d’au moins 30 % de femmes dans les instances décisionnelles et les postes électifs nationaux, régionaux et locaux (article 6, alinéa 12). Ce n’est pas un geste symbolique. C’est une réponse à des décennies de sous-représentation. C’est une promesse de démocratie véritablement inclusive.
Cette disposition ne sort pas de nulle part. Depuis la Charte de la Transition, 30,86 % des sièges du Conseil National de la Transition sont occupés par des femmes. Ce chiffre, obtenu grâce à une volonté politique forte et à des mécanismes contraignants, prouve que là où la loi impose, la société avance. Aujourd’hui, cette exigence devient norme constitutionnelle.
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