LOLA – Le conflit entre éleveurs et agriculteurs n’a toujours pas connu son épilogue dans la préfecture de Lola, située dans la région administrative de Nzérékoré. Ces derniers jours, des tensions ont été signalées dans plusieurs localités, notamment dans les districts de Lainé et de Gamabéréma, selon des sources fiables. Un groupe de jeunes armés est accusé de semer la terreur, s’en prenant aux troupeaux qu’ils abattent, alors même que les autorités locales de Lola ont engagé le processus d’expulsion des éleveurs étrangers.

Selon le Directeur préfectoral de l’Agriculture et de l’Élevage, une équipe des forces de défense et de sécurité a été dépêchée sur le terrain pour mettre un terme à ces exactions. Toutefois, il dément les rumeurs faisant état de morts parmi les populations.

« Il n’y a pas eu de mort. Il n’y a même pas eu de blessé humain. Ce sont les animaux qui ont été tués dans certaines localités. Nous avons déjà réquisitionné la gendarmerie régionale pour des patrouilles, car un groupe armé opère dans la zone. Depuis le début des incidents, j’ai été sur le terrain avec une équipe dans le cadre du déguerpissement. Nous avons transmis les informations aux autorités compétentes pour qu’elles prennent les mesures nécessaires. Ce matin, j’ai été informé qu’hier nuit, un éleveur a été attaqué. Ils lui ont bloqué le passage. Sans l’intervention des services de sécurité, il aurait pu être agressé. Heureusement, il est sain et sauf, nous étions même ensemble ici », a relaté Lépouna Doré, Directeur préfectoral de l’Agriculture et de l’Élevage de Lola.

Il ajoute qu’il y a une tension entre communautés. “Au moment où les éleveurs étrangers étaient encore présents, cela se traduisait par des conflits d’intérêts financiers. Maintenant qu’ils ont été expulsés, certains jeunes se sont transformés en bandits armés. Pendant le processus de déguerpissement, ils ont attaqué les éleveurs de Foyan. Même les maisons des tuteurs de ces éleveurs ont été détruites. Ces jeunes doivent être interpellés et jugés à la hauteur de leurs actes. Le même groupe armé continue d’ériger des barrages, notamment entre Foyan, Foromota, Kenyeta et Sinkolè, jusqu’à Madou. C’est pourquoi les forces de sécurité ont été directement déployées dans ces zones pour interpeller les auteurs. Mais je répète : jusqu’ici, aucun être humain n’a été tué. »

Selon lui, dans le centre de Lainé, les terres libérées par les éleveurs étrangers sont désormais convoitées par les éleveurs locaux, ce qui crée de nouvelles tensions.

« J’ai demandé que chacun reste à sa place en attendant qu’on fasse clairement la part des choses. »

Dans la sous-préfecture de Gamabéréma, un autre problème aggrave la situation : un éleveur local est accusé d’avoir accaparé toutes les zones cultivables, ce qui provoque la colère des habitants. Il est également soupçonné d’avoir accueilli des troupeaux déguerpis d’autres localités.

« À Gamabéréma, particulièrement à Kassieta, tout est occupé par un éleveur local. Il semble qu’il a accueilli tous les animaux déguerpis d’autres zones et les a mélangés à ses propres troupeaux. Résultat : la sous-préfecture est aujourd’hui saturée en bétail. Nous avons précisé aux citoyens que seuls les services compétents sont habilités à intervenir dans ces situations. À chaque fois que nous arrivons dans une localité, nous organisons la sortie des troupeaux en fonction du nombre de parcs. Ce travail a été fait à Foumbadou, Lainé et Gueasso. Toutefois, à Gueasso, la forte présence d’éleveurs étrangers complique encore le processus. »

Enfin, M. Doré est revenu sur la stratégie de sortie progressive des éleveurs étrangers.

« À mon arrivée, nous avons mené des campagnes de sensibilisation pour faire appliquer les deux communiqués officiels. Le premier concerne les éleveurs présents entre 2023 et 2025, qui doivent tous être évacués. Cependant, certains refusent de partir, accusant d’autres de les avoir trompés. Le second communiqué visait à identifier tous les éleveurs étrangers afin de les faire sortir, en particulier ceux qui ne sont pas venus dans le cadre d’une transhumance normale, mais introduits par d’autres éleveurs. La fédération a pris ce dossier à bras-le-corps. Pour faciliter l’opération, la gendarmerie départementale de Nzérékoré nous a fourni des pick-ups. Nous avons réparti nos agents dans toutes les sous-préfectures concernées : Lainé, Gueasso et Foumbadou. »

À suivre…

Source:https://www.africaguinee.com/nouvelles-tensions-entre-eleveurs-et-agriculteurs-a-lola-les-precisions-du-directeur-prefectoral-de-lagriculture-et-de-lelevage/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

fr_FRFR