
À travers un mémorandum adressé au président de l’UFDG, quatorze fédéraux de la Haute Guinée et de la Guinée forestière proposent la réintégration des membres exclus du parti, une transition vers une présidence d’honneur, ainsi que l’organisation d’un congrès unitaire.
L’objectif affiché par les signataires de ce document – qui était censé rester interne – est de préserver l’unité et la stabilité du parti, à en croire ce qu’ils disent. Malheureusement, le mémorandum a fuité et s’est retrouvé sur la place publique, suscitant une vive polémique et une vague de réactions.
Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce qui a motivé les signataires ?
Africaguinee.com a recueilli les réactions des secrétaires fédéraux de Macenta, Kankan, Kissidougou et Siguiri. Si certains se sont rétractés, d’autres assument pleinement leur position, reconnaissant être non seulement signataires, mais également à l’origine de l’initiative.
Selon nos informations, la réunion des fédéraux de la Guinée forestière s’est tenue à Macenta, au domicile du Moussa Kourouma, premier responsable du parti dans cette circonscription. Interrogé par notre correspondant régional, il explique :
« Nous avons souscrit à la démarche parce que des camarades ont librement exprimé leurs préoccupations concernant la santé du parti, estimant qu’il est menacé. Ils ont alors proposé d’organiser une réunion pour formuler des propositions dans un mémorandum adressé au président. Cette réunion s’est tenue 24 heures plus tard. Nous avons pensé que c’était effectivement pour soutenir le parti. Mais c’était le contraire. Ils cherchaient plutôt un moyen de vendre nos voix à la presse et de nous tromper. Donc cette affaire, je n’ai plus envie d’en parler. Je regrette beaucoup. Ils ont détruit nos relations dans le parti. Je ne veux plus en parler, je vous remercie », martèle Moussa Kourouma, fédéral UFDG de Macenta.
Richard Mory Kamano, fédéral UFDG de Kissidougou, assume pour sa part sa participation et affirme que personne n’a été contraint de signer le document. Selon lui, cette initiative visait à sauver un parti en proie à une crise interne.
« Je suis effectivement l’un des signataires. Nous nous sommes retrouvés à Macenta, face à tout ce qui se passe aujourd’hui dans notre parti, sommé par la justice de réintégrer Ousmane Gaoual Diallo, faute de quoi, il ne pourra pas tenir son congrès. D’un autre côté, le MATD (Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation) dit que si le congrès n’est pas organisé dans les 45 jours, le parti sera disqualifié. En tant que secrétaires fédéraux, allons-nous rester les bras croisés alors que cela fait au moins 15 ans que nous sommes dans le parti ?
Donc, nous nous sommes réunis à Macenta. La direction de Conakry est venue, nous avons discuté. Finalement, nous avons demandé que l’UFDG réintègre les cadres exclus. Deuxièmement, qu’un congrès soit tenu. Troisièmement, que le président désigne un dauphin, puisque son retour rapide n’est pas évident, alors que le recensement commence le 15 de ce mois. Nous avons proposé de le nommer président d’honneur du parti.
Nous ne savons pas comment le document s’est retrouvé sur les réseaux sociaux. Tout le monde en parle. On ne parle que de cela, au détriment du contenu réel de notre mémorandum. Les gens déforment notre propos », déplore Richard Mory Kamano, avant de trancher :
« On ne nous a pas attachés, on ne nous a pas dicté ce qu’il fallait faire, on ne nous a pas forcés. Moi, j’ai 75 ans. Un enfant de 30 ou 40 ans ne peut pas influencer mon jugement. Certains refusent d’assumer leurs actes. Moi-même, j’ai signé ce document. Les secrétaires fédéraux de la Forêt ont agi en Forêt, ceux de la Haute Guinée, en Haute Guinée. Mais nous avons communiqué. Nous partagions le même point de vue. Je ne regrette rien »,a-t-il confié.
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