
CONAKRY – Nous sommes le 1ᵉʳ avril, le décret fixant la date du référendum constitutionnel n’a toujours pas été pris. Pourtant, dans son discours de vœux du 31 décembre 2024, le Général Mamadi Doumbouya déclarait que l’année 2025 devait être celle où le peuple souverain de Guinée se doterait d’une nouvelle Constitution, consacrant ainsi une nouvelle République tournée vers un avenir radieux.
Pour ce faire, il annonçait : « Dans le premier trimestre de l’année 2025, je signerai un décret fixant la date du scrutin pour le référendum. Après l’élaboration du code électoral, nous travaillerons, ensemble avec les Guinéennes et les Guinéens, à poser des bases solides pour les élections générales. »
Cette promesse du chef du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) n’a pas été tenue. Comment justifier ce manquement ?
Selon certaines indiscrétions, le Général Mamadi Doumbouya s’est retrouvé confronté à un certain nombre de difficultés.
Un texte constitutionnel pas encore finalisé
Premièrement, il s’agit du texte constitutionnel. Selon nos sources, le chef de l’État ne pouvait pas prendre le décret fixant la date du référendum sans s’assurer que la Constitution qui sera soumise au vote est finalisée.
D’après nos informations, le décret ne sera pris qu’une fois que le comité d’experts aura rendu ses travaux sur le texte constitutionnel et que les conseillers nationaux se seront réunis en plénière pour l’adopter. Ce préalable n’ayant pas encore été levé, le chef de l’État aurait préféré maintenir le statu quo.
Un code électoral toujours en examen
Deuxièmement, un autre prérequis demeure en suspens : le code électoral. Cette loi organique, qui regroupe l’ensemble des dispositions législatives et réglementaires relatives aux élections politiques et référendaires, n’a pas encore été entièrement examinée par le Conseil national de la transition (CNT).
Approuvé début mars par le gouvernement, l’avant-projet du texte est encore en cours d’étude au sein de l’organe législatif de la Transition.
Le fichier électoral, un autre obstacle
Autre difficulté : le Programme National de Recensement Administratif à Vocation d’État Civil (PN-RAVEC). Le gouvernement, qui souhaitait faire de ce recensement un moyen de doter la Guinée d’un fichier électoral fiable, semble désormais avoir abandonné cette option.
Le Premier ministre Amadou Oury Bah a clairement indiqué que cette approche ne serait plus privilégiée. À la place, un recensement biométrique de la population est annoncé pour ce mois-ci, avec une durée estimée à 45 jours, selon des sources officielles.
Dossier à suivre…