
CONAKRY- L’année 2024 n’a pas été reluisant en Guinée en matière de protection des couches vulnérables. Plus de 200 cas de viols sur mineurs ont été enregistrés durant l’année écoulée. Pour parler de cette problématique, nous avons interrogé la directrice de l’office de protection du genre et des mœurs (OPROGEM). La Commissaire divisionnaire Marie Gomez tire la sonnette d’alarme.
AFRICAGUINEE.COM : quel bilan dressez-vous enmatière la protection du genre et des mœurs pour l’année 2024 ?
COMMISSAIRE DIVISIONNAIRE MARIE GOMEZ : Pour ce qui est du bilan, nous avons réalisé pas mal d’activités courant 2024. Et vous le savez, il y a eu des cas de viols, des abus sexuels, des cas de séquestration, des cas d’enlèvement d’enfants mineurs, et les cas d’excision… Nous avons géré pas mal ces différentes infractions. Nous, nous sommes les agents chargés de l’application de la loi. Nous constatons l’infraction à la loi pénale, nous réunissons les preuves, nous arrêtons les présumés auteurs, nous les envoyons devant les différents tribunaux compétents. Mais à côté de cette répression que nous faisons, il y a la sensibilisation. Et d’ailleurs, dès l’avènement du 5 septembre, le chef de l’Etat a mis un accent particulier sur la protection des couches vulnérables. C’est pour cette raison que notre ministre de tutelle nous a instruit de faire une tournée dans les régions administratives du pays, afin de pouvoir expliquer aux différentes communautés, les conséquences liées aux violences basées sur le genre parce que, n’oubliez pas que tous nos textes de loi sont rédigés en langue française. La totalité de nos textes de loi, à savoir le code pénal, le code de l’enfant, le code civil, le code de procédure pénale…
Dans ces différents documents, les articles qui s’y trouvent, tout est en langue française. Donc il fallait aller dans les différentes régions du pays, expliquer cela avec les citoyens. Et cette tournée, nous l’avons effectivement effectuée. Mais nous avons commencé d’abord par la formation, le renforcement des capacités opérationnelles de nos agents qui sont sur le terrain. Les sept régions administratives ont été réunies à Kankan, pour pouvoir expliquer et apprendre aux différents officiers de police judiciaire, les techniques de rédaction des procès-verbaux liés aux violences basées sur le genre.