CONAKRY-Depuis l’avènement du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNNRD) au pouvoir en Guinée une âpre lutte est menée contre les cliniques clandestines, le trafic et la vente de produits pharmaceutiques sur le marché parallèle, par des non-professionnels. Bien que la donne ait changé, mais la pratique persiste. Pour parler de cette lancinante problématique de santé publique, Africaguinee.com a interrogé Dr Thierno Oumar Barry, pharmacien et ancien enseignant-chercheur à la faculté des sciences et techniques de la santé à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.

AFRICAGUINEE.COM : Que pensez-vous du trafic de faux médicaments ?

Dr Thierno Oumar BARRY : Avant tout, permettez-moi de remercier les autorités en place, notamment le CNRD et le ministre de la santé Dr Oumar Diouhé Bah, pour son leadership qui, pour la première fois a veillé sur la santé de la population parce que le trafic de faux médicaments est un fléau pour la santé publique. C’est la première fois en République de Guinée que les autorités affichent vraiment la volonté politique de débarrasser le pays de ce fléau pour le grand bonheur de la population guinéenne.

Malgré les efforts des autorités actuelles, on constate que les faux médicaments continuent de circuler. Selon vous pourquoi ?

Je pense que ce n’est pas facile, les habitudes collent à la peau, c’est une seconde nature. Il y a des gens, depuis une dizaine d’années ils sont dans cette pratique illégale, parce qu’il n’y avait pas d’application de la loi. Et, à chaque fois ils s’imaginent que oui, ce n’est qu’un feu de paille, ils font profil bas mais après ils reviennent. Mais ce qu’il faut dire, la justice doit jouer son rôle. Moi en tant que pharmacien, j’estime que les sanctions infligées aux fauteurs ne sont pas à la hauteur des forfaitures commises par ces trafiquants de faux médicaments.

Il faut quand-même souligner que des citoyens partent vers ces gens pour se procureur de médicaments pour se faire soigner…

Je pense que c’est par manque d’information. Il y a aussi l’accessibilité financière qui fait que ces populations vont vers ces trafiquants de faux médicaments. Dans notre pays, nous manquons de couverture sanitaire universelle, heureusement que ça vient de commencer avec les fonctionnaires de l’Etat. Nous espérons, qu’une bonne partie de la population guinéenne pourra s’approvisionner en médicaments dans les officines, et ça va réduire le nombre de personnes qui vont vers les vendeurs de faux médicaments. Mais je pense que c’est certainement dû à l’accessibilité financière de ces faux médicaments.

Pour certains, les médicaments vendus dans les pharmacies coûtent chers. N’est-ce pas un autre facteur ?

D’accord, mais il faut savoir que la santé n’a pas de prix, il faut donc relativiser. Aujourd’hui la loi impose à toutes les pharmacies d’avoir un rayon générique. Vous avez dans les officines des paracétamols à 1000 gnf et tous les médicaments essentiels sont disponibles dans les officines à un coût accessible pour la population. C’est parce que la population n’est pas du tout informée. Sinon il n’y a aucune pharmacie dans laquelle vous pouvez partir sans trouver un rayon générique, cela c’est obligatoire. Et ce rayon concerne tous les médicaments essentiels pour, en tout cas, les différentes pathologies dont souffre la population. Elle peut donc trouver ces médicaments génériques dans ces officines.

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