
CONAKRY-En Guinée, la mise en œuvre du chronogramme établi pour le retour à l’ordre constitutionnel a enregistré un retard considérable. L’engagement tenu par le chef de la Transition pour l’organisation des élections dans l’intervalle de deux ans à compter du 1er janvier 2023, ne sera respecté, selon toute vraisemblance.
Alors que le pays connait un regain de tension depuis quelques semaines, Africaguinee.com lève le voile sur ce qui a été fait et ce qui reste à faire dans la mise en œuvre du calendrier censé aboutir à la fin du régime d’exception, ouvert le 05 septembre 2021.
En accord avec la Cedeao, le Gouvernement de Transition a bâti un chronogramme basé sur dix étapes. A savoir, le recensement général de la population et de l’habitat (RGPH4), le recensement administratif à vocation d’Etat-civil (RAVEC), l’établissement du fichier électoral, l’élaboration de la nouvelle constitution, l’organisation du scrutin référendaire sur la nouvelle constitution, l’élaboration des textes de lois organiques, l’organisation des élections locales et communales, l’organisation des élections législatives, la mise en place des institutions républicaines et l’organisation de l’élection présidentielle.
Mais dès le début ,la mise en œuvre de ces activités s’est heurtée à un obstacle : La mobilisation du financement estimé à 600 millions de dollars us. Ce budget qui aurait pu être mobilisé par la Communauté Internationale avec l’appui de la Cedeao n’est toujours pas bouclé. A date, aucun des points inscrits dans le chronogramme n’a été mené à terme. Voyons les choses de plus près.
En effet, pour le recensement général de la population et de l’habitat RGPH-4, première étape du chronogramme, le déploiement des équipes en prélude à la collecte des données de la cartographie censitaire est toujours en cours, alors que le RAVEC, la commission de coordination qui pilote le processus a été désignée, il y a un peu plus d’un mois. A sept mois de l’échéancier conclu avec la Cedeao en octobre 2022, les opérations de recensement n’ont toujours pas été lancées.
Pourtant, c’est de cet enrôlement-là que découlera le fichier électoral pour l’organisation du référendum constitutionnel et les autres scrutins. Pour la Constitution, le texte censé être soumis à l’appréciation du peuple, n’a toujours pas été rendu public. Au CNT (Conseil National de la Transition) l’on assure depuis des mois que sa rédaction est prête mais son contenu reste un mystère. D’après certaines indiscrétions, on attendait la déclaration de politique générale du Gouvernement pour rendre public les premières moutures.
Pourquoi tant de retard dans la mise en œuvre du chronogramme actuel de la transition ? Le Gouvernement invoque « des défis tant internes qu’externes ». Au regard des difficultés rencontrées, le Gouvernement annonce qu’il va apporter des ajustements nécessaires, sans donner de détails. Selon le Premier ministre, l’objectif est de mettre à jour ce chronogramme de manière juste et équilibrée, en veillant à associer toutes les parties prenantes.
Depuis la signature en octobre 2022, de l’accord dynamique avec la Cedeao sur le chronogramme de la transition, maintes organisations de la société civile et coalitions de partis politiques se sont braquées contre lui, estimant qu’il était irréalisable. Ce calendrier n’a jamais obtenu le consensus interne nécessaire à sa mise en application. Ce qui fait que même le comité de suivi et évaluation de l’exécution du chronogramme n’a pu se réunir qu’à trois séances. Entre ce qui a été fait et ce qui reste à faire, le chemin à parcourir est encore long. Bien que le Gouvernement en fait une priorité, certains craignent même que le référendum annoncé en fin d’année ne puisse pas être tenu.
A suivre !