
CONAKRY-A treize mois de la fin de la transition, le fossé des divergences se creuse entre les autorités de la transition et une partie de la classe politique réunie au sein d’une entité hétéroclite appelée « forces vives de Guinée ».
Dernier point de divergence majeure en date, l’organe de gestion des élections alors que la CENI (commission électorale nationale indépendante) a été dissoute depuis le 05 septembre 2021.
La junte considère la mise en place de la CENI comme une anomalie qu’il fallait réparer. C’est pourquoi, le Président de la Transition a ramené les prérogatives de cette institution au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, dirigé par Mory Condé. Ce ministère a désormais la responsabilité d’organiser toutes les élections et référendums en Guinée.
D’après nos informations, les autorités de la transition proposeraient de mettre en place, un « organe » rattaché à ce département et au sein duquel tous les compétiteurs (partis politiques) pourraient se retrouver pour éventuellement porter leurs griefs. Mais cette mesure est loin de faire l’unanimité.
« La création de la CENI a été obtenue au prix de lourds sacrifices. On ne peut pas balayer cette institution comme ça sans concertation préalable », fulmine une figure des forces vives.
Un autre acteur membre de cette entité renchérit. « Comment va-t-on gérer ce fourre-tout ? Quels vont être les critères de désignation ? Mieux, le Gouvernement ne peut pas imposer tout aux acteurs politiques qui sont les principaux concernés par les élections.
C’est pourquoi nous avons demandé un dialogue sincère, inclusif pour débattre de toutes ces questions. Hélas, on n’arrive pas à l’obtenir. L’autre inquiétude, on sait tous qu’en Guinée, l’administration n’est jamais neutre, et elle n’a jamais fait montre d’équité pendant les compétitions électorales.
Aujourd’hui, on se dirige vers la nomination même des chefs de quartiers, alors que les préfets, gouverneurs, sous-préfets sont tous des militaires nommés. Dans ces conditions il est difficile d’avoir confiance au processus auquel on veut nous mener. Nous ne l’accepterons pas », avertit un acteur politique.
A suivre…
Source:https://www.africaguinee.com/guinee-le-fosse-se-creuse-entre-la-junte-et-les-forces-vives/