
CONAKRY-Alors que le Gouvernement promet des élections « inclusives, libres et transparentes » en cette année 2025, l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD) affiche un scepticisme. La coalition dirigée par Cellou Dalein Diallo soutient que l’objectif du RAVEC (Recensement Administratif à Vocation d’État Civil) duquel sera extrait le fichier électoral, est de faire proclamer Mamadi Doumbouya, Président élu dès le premier tour. En lieu et place du RAVEC, ce bloc politique propose la révision rapide du fichier de 2020.
« Concernant le fichier électoral, la solution est pourtant simple : le fichier de 2020 peut être actualisé rapidement. L’argument du RAVEC (Recensement Administratif à Vocation d’État Civil) n’est qu’un stratagème visant à retarder les élections pour préparer une mascarade électorale, avec pour objectif de faire proclamer le chef de la junte Président élu dès le premier tour », a réagi ce lundi 27 janvier 2025, l’ANAD alors qu’il exprimait sa position par rapport au récent rapport des Nations-Unies axée sur l’évaluation des besoins électoraux en Guinée.
L’Alliance nationale pour l’Alternance et la Démocratie appelle les Nations Unies à ne pas s’associer à un « tel simulacre ». « Au contraire, elles doivent veiller à ce que toutes les conditions d’un scrutin libre, transparent et inclusif soient réunies, et que les élections soient organisées dans le respect strict de l’article 46 de la Charte de la transition et de l’article 25, alinéa 4 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de l’Union africaine (UA) », a appelé le Président de la Commission Communication de l’ANAD.
Autre inquiétude soulevée par cette coalition, c’est la décision de confier l’organisation des élections au MATD (Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation) et aux préfets, tous issus de l’armée.
« La dissolution des conseils communaux élus, la mise en place de délégations spéciales dirigées par des partisans zélés de la candidature du chef de la junte, et le remplacement des chefs de quartiers et de districts par des personnes acquises à cette cause témoignent clairement de la volonté de la junte de confisquer le pouvoir », dénonce l’ANAD qui réaffirme sa position de « non-reconnaissance du CNRD » et son « exigence d’une transition civile pour restaurer l’ordre constitutionnel ».
Elle salue le rapport de l’ONU, qui selon elle, dresse un tableau réaliste et objectif de la crise actuelle en Guinée. « Cette crise découle principalement du refus des autorités de respecter le chronogramme de transition convenu avec la CEDEAO », selon Souleymane Konaté.
A suivre !