CONAKRY-Cela fait 100 jours depuis que Mamadou Billo Bah et son camarade Foniké Mengué sont introuvables. Plus les jours passent, l’inquiétude de leurs proches, plongés dans l’incertitude, s’aggrave.

Interrogée par Africaguinee.com, madame Aïssatou Bah, épouse de Billo Bah, explique comment elle et ses enfants vivent la disparition de son mari et de son compagnon de lutte. Attristée, elle dit qu’elle peine à trouver les mots justes pour décrire la situation qu’elle vit depuis maintenant 100 jours.

« Cela fait 100 jours depuis que mon mari et Foniké mengué ont été kidnappés par des agents des Forces Spéciales et de la gendarmerie pour une destination inconnue.  Jusque-là je n’ai toujours pas d’information sur le lieu de sa détention, de sa localisation et de son état de santé.  Cela m’attriste beaucoup », soupire-t-elle.

Aïssatou Bah vit avec des enfants dont un nourrisson d’à peine trois mois.  Elle décrit un climat pénible en famille, sans le papa de ses enfants. « Je peine toujours à trouver les mots justes pour leur expliquer que leur papa a été kidnappé par ceux qui sont censés le protéger. Je n’ai aucune information sur lui. Comment pourrais-je trouver les mots pour leur faire comprendre ce qui ne sera jamais compris ? C’est pourquoi j’ai préféré leur dire que leur papa est en voyage d’affaires mais il n’est pas joignable car il n’y a pas de réseau là où il se trouve actuellement. Quelquefois, je suis obligée d’appeler son numéro pour les rassurer mais jusqu’à quand cela va durer ? Ce sont des moments d’angoisse difficiles à vivre », décrit-elle, expliquant être « obligée de faire semblant d’être « heureuse » devant les enfants et de jouer avec eux.

« Son absence se fait littéralement sentir, je parviens difficilement à joindre les deux bouts mais à cause des enfants je suis obligée d’être encore plus forte. Ces enfants ont besoin de leur père dans leur vie comme tout enfant. Et on a hâte de le revoir à la maison », a-t-elle lancé.

Le 17 juillet dernier, le Parquet Général de Conakry avait annoncé que les deux activistes n’étaient détenus dans aucun établissement pénitentiaire du pays. Le procureur général Fallou Doumbouya avait lancé à l’époque un appel à témoin, tout en admettant la thèse de « l’enlèvement ».

« J’informe l’opinion nationale et internationale, en ma qualité de Procureur général qu’aucun organe d’enquête n’a procédé à aucune interpellation ou arrestation de qui que ce soit ; mieux aucun établissement pénitentiaire du pays ne détient ces personnes faisant objet d’enlèvement », avait indiqué le Parquet, avant d’annoncer l’ouverture « d’enquêtes minutieuses et complètes » sur ces faits.

Madame Aissatou Bah confie qu’avec le concours de leurs avocats, une plainte a été déposée en France. « On reste derrière les avocats et on reste à leur écoute », dit-elle, ajoutant être inquiète de n’avoir pas eu jusqu’à présent des nouvelles de son époux et de son camarade. Elle sollicite l’implication des autorités pour les « libérer ».

Interpelé récemment sur le sort de ces deux activistes disparus, le Premier Ministre Bah Oury avait indiqué que les enquêtes se poursuivent. « Personnellement, je tiens à ce que l’on sache où est-ce qu’ils sont, et leur sécurité nous importe à nous tous. Et c’est pour cela que nous suivons avec grand intérêt l’évolution de cette situation », expliquait le chef du Gouvernement de Transition.

Source:https://www.africaguinee.com/aissatou-epouse-de-billo-bah-comment-je-vis-labsence-de-mon-epoux-avec-mes-enfants/

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