
Le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), a une nouvelle fois haussé le ton, contre certaines pratiques peu orthodoxes qui minent la presse. Boubacar Yacine Diallo qui vient de boucler une mission à l’intérieur du pays, prévient que son institution va assainir le paysage médiatique. (image d’archive).
« Nous procéderons à l’assainissement de la presse, que cela plaise ou non. Nous soutiendrons les journalistes qui se conforment aux règles et les autres, nous les écarterons de la profession. En tout état de cause, ils n’auront plus accès aux sources d’information », a-t-il averti de passage à Kindia.
M. Diallo a révélé que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a fourni les équipements nécessaires à l’émission de nouvelles cartes, dont la particularité est de générer des numéros infalsifiables.
« Pour l’établissement de cette carte, l’OIF nous a doté d’équipements. La machine elle-même génère le numéro, rendant ainsi toute falsification impossible. Il ne s’agit plus de numéros séquentiels mais d’un long numéro, similaire à ceux des passeports ou des cartes d’identité. Cela assure une inviolabilité », a-t-il affirmé. Il a, par ailleurs, rappelé un précédent malheureux survenu il y a une vingtaine d’années, où une initiative similaire n’avait fonctionné que quelques semaines en raison du détournement des fonds alloués au CNC (Conseil national de la Communication), l’ancêtre de la HAC.
Assainir la presse et instaurer un tribunal des pairs
Le chef de l’organe qui régule les médias guinéens, a insisté sur la nécessité impérieuse d’assainir le paysage médiatique du pays. Pour garantir cette régulation, un tribunal des pairs sera institué.
Composé de sept “sages”, tous des professionnels des médias ayant cessé d’exercer et reconnus pour leur intégrité et leur professionnalisme irréprochable. Cette instance aura pour mission de statuer sur les violations des principes d’éthique, de déontologie et de la réglementation en vigueur.
« Cet organe d’autorégulation va instituer un tribunal des pairs. La presse désignera sept personnalités parmi les journalistes de bonne moralité et d’un professionnalisme irréprochable qui ne sont plus en activité. Ils seront les sept juges », a expliqué le président de la HAC, indiquant que les sanctions prononcées par ce tribunal seront rendues publiques.
« Lorsqu’un journaliste enfreindra les principes d’éthique et de déontologie ainsi que la réglementation, ce tribunal siégera, prendra une décision de sanction, et cette sanction sera publiée dans la presse. Tant pis pour un journaliste dont les pairs estiment qu’il a produit un travail professionnel médiocre », a-t-il averti.
Comparant l’impact de ce jugement à l’honneur militaire, M. Diallo a ajouté : « Quand un journaliste a fait de cette profession sa vocation, il craint le jugement de ses pairs. C’est comparable à l’armée : lorsqu’un général réprimande un subordonné pour un travail mal fait, ce dernier en ressent une profonde honte. »
Boubacar Yacine Diallo précise toutefois que “ce tribunal n’a pas vocation à vous envoyer en prison. Cependant, lorsque ce tribunal statuera que vous êtes un mauvais journaliste, mieux vaut plier bagage et vous reconvertir ».